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Notre sauvage besoin de libération

4 Jan

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Au printemps 2012, nous avons marché

vent debout, à l’envers du temps,

et c’est vers nous que nous allions.

 Gabriel Nadeau-Dubois

On croirait marcher dans l’air

traverser des voiles d’illusions

les chevaux de l’année du cheval accourent

crinières en feu yeux telluriques

pattes soulevant la fleur de sel de la Terre

franchissant le mur du son

ils passent à travers nous

dans une nuit rouge

qui enveloppe les corps

rebelles à toute dictature

pulvérisant les censures invisibles

créant ensemble des petites zones libres 

de paroles vraies

au parfum de nouveau monde

 

Chrysalide de silence

16 Déc

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La mort porte-t-elle des gants noirs? À travers le déluge des données hypnagogiques, l’algorithme du temps libère la pulsion invocante.

Une tempête de neige souffle sur Montréal encore plongée dans la nuit à quelques jours du solstice d’hiver. Des merkabas de lumière tournent tout autour de nos corps flottant entre les dimensions. La mort porte-t-elle des gants noirs? Je ne sais pas, mais elle est là: elle rôde, j’entends les os de son squelette cliqueter. C’est mon crâne. C’est moi la mort, c’est ça? Moi mortelle? Moi? Non! La  cage thoracique écrasée sous la pression des particules quantiques, une armoure m’enserre le dos dans un enchevêtrement de câbles et de fibres optiques qui me glacent jusqu’au sang. La matrice terrestre me tire vers elle de toute sa force de gravité et je me recroqueville dans la chrysalide de mon silence. Quand on pourra m’entendre, je parlerai. La mort porte des gants noirs, c’est vrai: ses mains osseuses autour de mon cou, elle m’empêche de dire ce que j’ai à dire. C’est pour ça que j’écris: parce que le courant passe par mes mains et que ça, elle n’y a pas accès.

La mort porte des gants noirs. Et moi, quand j’écris, c’est avec mes mains négatives que je pose sur la paroi du temps.

Chantier d’écriture de ©La rose des temps

Le son du Soi

27 Sep

TOTEMPOÉSIE 28 sept.

Je te parle tout bas

Pour que ce soit clair

Pour que le son s’ajuste

Au timbre de ma voix

Je marche dans un temps

Qui flambe de lumière

Des criquets invisibles

Grafignent le fond sonore

Le scintillement de l’air

Est l’unité rythmique

D’un même ineffable mystère

Je cours dans un temps

De possibles adjacents

J’ouvre un sentier

Donnant sur un autre sentier

S’ouvrant sur d’autres encore

Je te parle tout bas

De ce lynx qui s’avance

Des dévas de l’ambre

Et de la force du torrent

Franchissant le portail

De mon silence

J’écoute battre ton sang

Je te parle tout bas

De la joie irradiante

Qui me coupe le souffle

D’un amour si profond

Qu’il submerge ma conscience

Je te parle à l’oreille

Pour que ce soit juste

Pour que le son s’accorde

Au timbre de ma voix

J’avance dans l’or ruisselant

De l’automne alchimique

Je te parle tout bas

Pour que ce soit clair

Je voyage

Dans un grand vaisseau de résonances

Je ne parle qu’à toi feu sacré

Au coeur du coeur

Je ne parle qu’à toi

Je te parle tout bas

Pour que ce soit clair

Pour que le son s’ajuste

Au timbre de ma voix

Pour que ma voix s’ajuste

Au timbre de ce son

Qui est le son du Soi

Variante et mix d’un poème du même titre publié dans D’ambre et d’ombre, Écrits des Forges, 2003 et d’un autre poème publié dans Micropoésie, Écrits des Forges, 2011 sous le titre «Le palais de vents»

Version créée dans la performance TOTEMPOÉSIE MATRICIELLE donnée avec Claude Beausoleil dans le cadre  des Journées de la Culture au Centre d’expositions de Val David le 28 septembre sur les lieux des expositions Blanc de mémoire de Chloë Charce et Papier, fiction d’Andrée-Anne Dupuis-Bourret. 

©TOTEMPOÉSIE 2013

21 poètes pour le 21ième siècle le 21 mars Journée mondiale de la Poésie

15 Mar
Journee_mondiale_de_la_poesie