Dans une langue bientôt morte

8 Avr

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Voilà, c’est fini.

Étrange mission pour un scribe que d’avoir à enregistrer la fin d’un peuple.

Je sculpte en hiérogyphes déjà anciens et dans une langue bientôt morte l’intérieur du sarcophage dans lequel je finirai mes jours, encore bien vivant, à respirer le peu d’air qu’il me restera.

Je pourrais, comme plusieurs de mes compatriotes, m’immoler par le feu, mais je préfère une mort douce, lente et consciente, avec un filet d’air et l’inscription de notre disparition à contempler pour l’éternité.

Ce n’est pas seulement moi qui meurt, c’est toute la lignée de mes ancêtres.

L’extinction non seulement d’une race, mais de toute une humanité appelée à disparaître permettra l’émergence d’une nouvelle humanité dans la terre noire de notre disparition.

Dans les ténèbres de mon tombeau j’entends hululer la chouette que j’ai gravée en noir dans la pierre noire et c’est ainsi que je m’éteins, comme un phosphène dans la nuit des temps.

© La rose des temps 2014

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