Archive | décembre, 2013

Chrysalide de silence

16 Déc

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La mort porte-t-elle des gants noirs? À travers le déluge des données hypnagogiques, l’algorithme du temps libère la pulsion invocante.

Une tempête de neige souffle sur Montréal encore plongée dans la nuit à quelques jours du solstice d’hiver. Des merkabas de lumière tournent tout autour de nos corps flottant entre les dimensions. La mort porte-t-elle des gants noirs? Je ne sais pas, mais elle est là: elle rôde, j’entends les os de son squelette cliqueter. C’est mon crâne. C’est moi la mort, c’est ça? Moi mortelle? Moi? Non! La  cage thoracique écrasée sous la pression des particules quantiques, une armoure m’enserre le dos dans un enchevêtrement de câbles et de fibres optiques qui me glacent jusqu’au sang. La matrice terrestre me tire vers elle de toute sa force de gravité et je me recroqueville dans la chrysalide de mon silence. Quand on pourra m’entendre, je parlerai. La mort porte des gants noirs, c’est vrai: ses mains osseuses autour de mon cou, elle m’empêche de dire ce que j’ai à dire. C’est pour ça que j’écris: parce que le courant passe par mes mains et que ça, elle n’y a pas accès.

La mort porte des gants noirs. Et moi, quand j’écris, c’est avec mes mains négatives que je pose sur la paroi du temps.

Chantier d’écriture de ©La rose des temps