28/99 Chantier d’écriture

2 Sep

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Dunes de Khongoryn Els (Mongolie) photo: via jbjapon.fr

Lila songea aux voyageurs exténués après sept heures de piste, qui s’apprêtaient à dormir dans une yourte au beau milieu du désert le plus sauvage de la planète, loin de toute pollution, loin des ondes Wi-Fi et des lumières des villes, dans la paix profonde d’une nuit étoilée.

À quatre heures du matin, un train de pensées dont elle a oublié le contenu l’a fait glisser vers l’état de veille.

Lila a eu beau visualiser l’attrapeur de rêves virtuel qui l’aide à se rendormir, le désir de se lever était plus fort.

Mais elle était restée au lit: son système nerveux commençait à montrer des signes de vulnérabilité depuis qu’elle ne dormait que quatre ou cinq heures chaque nuit.

Elle avait bien envie de savoir comment le grand pharaon s’en sortait dans ses négociations avec les Cananéens, mais elle n’avait pas cédé non plus au goût de lire.

Elle avait mis ses mains derrière son crâne comme dans l’exercice énergétique pour calmer tout le système nerveux et avait entrepris de visualiser sa «rose des temps» à douze branches qui tournait lentement dans le sens des aiguilles d’une montre.

Son corps de souffrances était tellement actif qu’elle en avait du mal à respirer correctement.

Tout à coup, une intuition fulgurante: quelqu’un lui lançait des flèches empoisonnées.

Dès qu’elle a pu identifier le point d’entrée énergétique, Lila a augmenté son champ vibratoire d’amour et de lumière et s’est aussitôt calmée.

Trésor d’amour, à moitié réveillé, a alors placé sa main apaisante dans le bas de son dos; elle a murmuré quelques mots et s’est projetée dans le désert de Gobi.

Elle a alors entendu le son des cordons de dunes chantantes de Khongoryn Els, ce son qu’elle a tout de suite reconnu, celui de la friction des grains de sable entre eux: c’était celui du grand mantra tibétain qu’elle avait psalmodié  pendant des siècles.

En s’éveillant, vers 9 heures 30 du matin, elle avait raconté son angoisse de la nuit et sa vision à Trésor d’amour, sa peur de pousser ses limites au point d’être complètement isolée et de se sentir rejetée à cause de sa propension à sortir des sentiers battus.

Il l’avait rassurée, disant que dans la mesure où elle poursuivait ses recherches stylistiques et formelles, elle pouvait aller aussi loin qu’elle le souhaitait dans l’évocation des autres dimensions auxquelles elle avait accès, que ça passerait.

Chantier d’écriture de ©La rose des temps

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