Archive | septembre, 2013

Le son du Soi

27 Sep

TOTEMPOÉSIE 28 sept.

Je te parle tout bas

Pour que ce soit clair

Pour que le son s’ajuste

Au timbre de ma voix

Je marche dans un temps

Qui flambe de lumière

Des criquets invisibles

Grafignent le fond sonore

Le scintillement de l’air

Est l’unité rythmique

D’un même ineffable mystère

Je cours dans un temps

De possibles adjacents

J’ouvre un sentier

Donnant sur un autre sentier

S’ouvrant sur d’autres encore

Je te parle tout bas

De ce lynx qui s’avance

Des dévas de l’ambre

Et de la force du torrent

Franchissant le portail

De mon silence

J’écoute battre ton sang

Je te parle tout bas

De la joie irradiante

Qui me coupe le souffle

D’un amour si profond

Qu’il submerge ma conscience

Je te parle à l’oreille

Pour que ce soit juste

Pour que le son s’accorde

Au timbre de ma voix

J’avance dans l’or ruisselant

De l’automne alchimique

Je te parle tout bas

Pour que ce soit clair

Je voyage

Dans un grand vaisseau de résonances

Je ne parle qu’à toi feu sacré

Au coeur du coeur

Je ne parle qu’à toi

Je te parle tout bas

Pour que ce soit clair

Pour que le son s’ajuste

Au timbre de ma voix

Pour que ma voix s’ajuste

Au timbre de ce son

Qui est le son du Soi

Variante et mix d’un poème du même titre publié dans D’ambre et d’ombre, Écrits des Forges, 2003 et d’un autre poème publié dans Micropoésie, Écrits des Forges, 2011 sous le titre «Le palais de vents»

Version créée dans la performance TOTEMPOÉSIE MATRICIELLE donnée avec Claude Beausoleil dans le cadre  des Journées de la Culture au Centre d’expositions de Val David le 28 septembre sur les lieux des expositions Blanc de mémoire de Chloë Charce et Papier, fiction d’Andrée-Anne Dupuis-Bourret. 

©TOTEMPOÉSIE 2013

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TOTEMPOÉSIE à Val David ce samedi 15h

27 Sep

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35/99 Chantier d’écriture

18 Sep

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Trésor d’amour avait décrété ce matin-là que leur tour du monde commençait par leur excursion à Tremblant. Lila était ravie: il faisait un temps superbe, le ciel était parfaitement bleu, les arbres rutilaient, et, même au sommet de la montagne, le soleil était chaud. Ils avaient passé plusieurs heures dans les sentiers et au belvédère, se délectant d’un air si pur, qu’ils s’étaient sentis comme des outardes migratrices à contempler la ligne ondulante des Laurentides.

Chantier d’écriture de ©La rose des temps

34/99 Chantier d’écriture

16 Sep

 

J’ai renversé un verre d’eau sur mon portable. Le roman a été submergé. J’attends que les eaux se retirent avant de le redémarrer dans quelques jours, en espérant que les composantes électroniques n’auront pas été affectées. Mon manuscrit est dans le nuage, heureusement, fluctuant comme ces légers voiles blancs qui s’effilochent dans le ciel bleu aujourd’hui. Je songe à assumer l’autofiction jusqu’au « je » et à sabrer dans le  volume des fractales, n’en retenant qu’une sur trois. Ça devrait suffire pour qu’émerge l’hologramme de la fleur de vie, matrice de l’unité rythmique.

Chantier d’écriture de ©La rose des temps

33/99 Chantier d’écriture

15 Sep

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La velata d’Antonio Corradini,  Palais Barberini (Rome)

Voilées, nous le sommes toutes. Étouffant sous la fine pellicule mentale qui enserre notre corps tout entier, burqa virtuelle de silence et d’indignation, le féminin sacré s’étiole. Nous sortirons bientôt je pense de cette chrysalide car j’entends, profonde, la respiration de ma mère dans la rose des temps.

Chantier d’écriture de ©La rose des temps

32/99 Chantier d’écriture

14 Sep

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Écrire en vrac, en paquets compacts, sans trop peser ses mots. Pour percer la muraille noire des nomades où elle s’est arrêtée on ne sait trop pourquoi. Pour reprendre son souffle, pour se protéger des hordes de l’invisible?

Chantier d’écriture de ©La rose des temps

31/99 Chantier d’écriture

5 Sep

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Elle saisit tout à coup que cette femme n’est peut-être pas physiquement du voyage au désert de Gobi: comme Lila, elle se projette là où se trouvent les voyageurs et leurs esprits se croisent, par-delà les continents et les océans.

Ils se dirigent ce matin-là vers la verte vallée de l’Orkhon.

De son côté du monde, Lila est assise devant un feu de cheminée: c’est le soir.

De la sauge blanche brûle dans un coquillage et parfume tout le séjour.

Sa main droite posée sur la pierre trouvée entre les  pyramides, Lila ferme les yeux et respire au rythme du feu qui crépite.

Trésor d’amour, silencieux, contemple la danse des flammes.

Il est neuf trente du matin dans le désert des déserts: les voyageurs sont sur le point de découvrir les pétroglyphes de l’Altaï mongol.

Lila a aperçu un être de l’ancienne humanité qui vivait autrefois dans cette vallée: une  sorte de chamane portant un masque blanc orné de couleurs vives: elle a eu un léger sursaut, mais a gardé les yeux fermés.

Un autre être a alors surgi: des cheveux longs, d’un bleu presque noir, un couvre-chef en cuir: celui-là lui a fait vraiment peur, mais elle est restée plongée dans l’état méditatif.

Un bruit à l’extérieur du chalet alerte Lila tandis qu’elle note ses visions sur sa tablette électronique.

Elle demande à Trésor d’amour de bien vouloir aller fermer la fenêtre laissée ouverte pour donner de l’oxygène au feu.

Elle sait pourtant que cet être bleu-noir des profondeurs de la Terre est dans une autre dimension, mais ça la rassure que la fenêtre soit maintenant fermée.

Dans le bois en haut de la côte du 10e rang ce matin-là, ils avaient passé beaucoup de temps étendus sur une rivière de lichen entre les sapins, à contempler les nuages qui glissaient sous un soleil radieux, au milieu d’un ciel azur: dans la forêt, elle n’avait pas du tout peur, même des êtres des autres mondes.

Chantier d’écriture de ©La rose des temps