26/99 Chantier d’écriture

31 Août

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Quand à la seconde porte de lumière violette, Lila ne sait toujours pas ce qui l’attend derrière: peut-être y trouvera-t-elle la clé de voûte de ce roman fractal dont elle a imprimé des centaines de pages parmi lesquelles elle devra choisir avec autant d’intuition que le pharaon sélectionnant  les ingrédients du remède qui a sauvé la reine d’Égypte.

À cette heure, les voyageurs doivent traverser les dunes de sable de l’Omnogobi.

Ils se ravitailleront près de la ville de Dalanzadagd et dormiront ce soir dans un campement de yourtes.

Lila lit le document qu’a préparé le messager du Guide des Égarés afin que ceux qui le souhaitent puissent suivre le voyage à distance et bénéficier des enseignements et de l’énergie magnétique des lieux de façon subtile.

En cherchant «Dalanzadagd» sur Internet, elle tombe sur le journal de bord d’un jeune couple de Français en voyage de noces en Mongolie quelques mois plus tôt: leurs photos du désert sont à couper le souffle.

Lila s’est réveillée à l’aube: il est douze heures plus tard dans les environs de Dalanzadagd ( elle adore les sons de ce toponyme) et c’est bientôt l’heure des enseignements.

Elle se demande si elle sera en mesure de capter quoique ce soit: elle a un peu trop bu et un peu trop mangé la veille.

Ils avaient invité à souper leur voisin qui avait cette fin de semaine-là la garde partagée de sa fille de quinze ans et de son petit garçon de dix ans, des enfants adorables qu’ils avaient déjà croisés en compagnie de leur père qui assurait l’entretien de la piscine pour l’ensemble des chalets.

La jeune fille avait beaucoup impressionné Lila: étudante en musique, un visage d’ange, elle s’exprimait avec beaucoup de justesse et apportait à la conversation toute la fraîcheur d’un regard neuf sur le monde.

Elle connaissait très bien la vie et les paroles de la chanteuse de blues préférée de Trésor d’amour, aimait particulièrement  «La Vierge noire» du célèbre poète du «Vaisseau d’or» et avait défini pour son père le mot «nirvana»: c’est quand on a accompli ce pourquoi on est venus sur Terre avait-t-elle dit avec beaucoup de discernement.

Quand Lila le lui avait demandé, la jeune fille avait bien voulu leur lire «La Vierge noire» que Lila avait justement retenu dans un choix de poèmes du célèbre poète du XIXe siècle qu’elle avait publié dans la collection que dirigeait à l’époque Trésor d’amour et dont elle avait une copie au chalet: la petite avait lu d’une voix douce et pleine d’âme qui avait visiblement ému son père.

Son petit frère, qui revenait d’ une partie de soccer au village, s’était blotti contre elle sur le divan à la fin de la soirée, écoutant avec attention leur père qui lisait à son tour, avec beaucoup de sensibilité   «Compagnons des Amériques» du poète de Sainte-Agathe-des-Monts.

Lila s’était dit que le voisin était bien privilégié d’avoir ces merveilleux enfants cristal dans sa vie.

Chantier d’écriture ©La rose des temps

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