23/99 Chantier d’écriture

28 Août

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Pendant ce temps, à l’autre bout du monde, les voyageurs se nourrissent de l’énergie magnétique du lieu.

C’est le bruit du vent qui réveille Lila au coeur de la nuit.

À la lisière de l’état hypnagogique et de l’état de veille, elle sait immédiatement que c’est le vent des steppes mongoles autour de la caravane de jeeps des voyageurs qu’elle entend, ce vent qui siffle à ses oreilles quand elle galope à bride abattue dans ces mêmes steppes d’un autre siècle pour aller porter un message au Maître des Archives.

Il est trois heures du matin et il n’y a pas un souffle de vent sur la nuit de Val David: la respiration paisible de Trésor d’amour à ses côtés et le chant des criquets seuls rythment le passage des secondes de cette première journée de sa nouvelle année de vie.

C’est le jour de son anniversaire et Lila a beau essayer de se rendormir, elle ne résiste pas bien longtemps au plaisir de se lever en catimini pour allumer des bougies sur le manteau de la cheminée afin d’éclairer la belle tête de Bouddha qu’elle transporte au chalet chaque été.

Elle fait aussi brûler un peu de sauge blanche dans une conque pour parfumer sa nuit d’écriture et ouvre sa tablette électronique dont le rétroéclairage bleute son visage qu’elle sait souriant car elle est toute à la joie de ce grand espace de liberté qu’est la nuit.

C’est en retournant mentalement au carrefour giratoire à l’entrée de la route 117 à Sainte-Agathe, que Lila avait basculé tout à fait dans l’état de veille.

C’était bien elle qui était au volant!

Au volant de sa propre vie avait dit l’énergéticien qu’elle avait consulté pour une séance d’hypnose avant de recommencer à conduire.

L’instructeur de l’école de conduite de Sainte-Agathe où elle prenait quelques cours était dans la jeune vingtaine, un de ces enfants indigos qui allaient changer le monde.

Il avait demandé à voir son permis de conduire, bien sûr, puis il lui avait fait entièrement confiance.

Elle avait roulé sur l’autoroute jusqu’à Saint-Sauveur, puis dans la ville en suivant ses instructions, avait pris la 117 pour le retour et avait suggéré de rouler jusqu’à Sainte-Lucie-des-Laurentides par le Chemin des Hauteurs pour revenir par Lantier et par la 329.

La joie de conduire sa propre vie, oui, c’était bel et bien ce qu’elle éprouvait: de retour à Sainte-Agathe, elle avait voulu prendre une photo du Lac des Sables et avait été surprise par une pluie soudaine.

Chantier d’écriture de ©La rose des temps

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