Archive | août, 2013

26/99 Chantier d’écriture

31 Août

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Quand à la seconde porte de lumière violette, Lila ne sait toujours pas ce qui l’attend derrière: peut-être y trouvera-t-elle la clé de voûte de ce roman fractal dont elle a imprimé des centaines de pages parmi lesquelles elle devra choisir avec autant d’intuition que le pharaon sélectionnant  les ingrédients du remède qui a sauvé la reine d’Égypte.

À cette heure, les voyageurs doivent traverser les dunes de sable de l’Omnogobi.

Ils se ravitailleront près de la ville de Dalanzadagd et dormiront ce soir dans un campement de yourtes.

Lila lit le document qu’a préparé le messager du Guide des Égarés afin que ceux qui le souhaitent puissent suivre le voyage à distance et bénéficier des enseignements et de l’énergie magnétique des lieux de façon subtile.

En cherchant «Dalanzadagd» sur Internet, elle tombe sur le journal de bord d’un jeune couple de Français en voyage de noces en Mongolie quelques mois plus tôt: leurs photos du désert sont à couper le souffle.

Lila s’est réveillée à l’aube: il est douze heures plus tard dans les environs de Dalanzadagd ( elle adore les sons de ce toponyme) et c’est bientôt l’heure des enseignements.

Elle se demande si elle sera en mesure de capter quoique ce soit: elle a un peu trop bu et un peu trop mangé la veille.

Ils avaient invité à souper leur voisin qui avait cette fin de semaine-là la garde partagée de sa fille de quinze ans et de son petit garçon de dix ans, des enfants adorables qu’ils avaient déjà croisés en compagnie de leur père qui assurait l’entretien de la piscine pour l’ensemble des chalets.

La jeune fille avait beaucoup impressionné Lila: étudante en musique, un visage d’ange, elle s’exprimait avec beaucoup de justesse et apportait à la conversation toute la fraîcheur d’un regard neuf sur le monde.

Elle connaissait très bien la vie et les paroles de la chanteuse de blues préférée de Trésor d’amour, aimait particulièrement  «La Vierge noire» du célèbre poète du «Vaisseau d’or» et avait défini pour son père le mot «nirvana»: c’est quand on a accompli ce pourquoi on est venus sur Terre avait-t-elle dit avec beaucoup de discernement.

Quand Lila le lui avait demandé, la jeune fille avait bien voulu leur lire «La Vierge noire» que Lila avait justement retenu dans un choix de poèmes du célèbre poète du XIXe siècle qu’elle avait publié dans la collection que dirigeait à l’époque Trésor d’amour et dont elle avait une copie au chalet: la petite avait lu d’une voix douce et pleine d’âme qui avait visiblement ému son père.

Son petit frère, qui revenait d’ une partie de soccer au village, s’était blotti contre elle sur le divan à la fin de la soirée, écoutant avec attention leur père qui lisait à son tour, avec beaucoup de sensibilité   «Compagnons des Amériques» du poète de Sainte-Agathe-des-Monts.

Lila s’était dit que le voisin était bien privilégié d’avoir ces merveilleux enfants cristal dans sa vie.

Chantier d’écriture ©La rose des temps

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25/99 Chantier d’écriture

30 Août

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Elle y avait repensé tandis qu’ils renversaient la tête pour contempler les étoiles en rentrant à pied dans la nuit étonamment douce de Val David en cette fin du mois d’août.

Deux portes de lumière violette très dense, l’une plus haute que l’autre, légèrement décalée sur la droite.

Lila la traverse comme elle traverserait une nappe de brouillard: de fines gouttelettes d’une bruine apaisante et parfumée l’enveloppent quelques instants.

De l’autre côté, les 98 voyageurs, assis en tailleur, sont réunis dans une tente de rassemblement pour entendre le Guide des Égarés, à l’abri du vent qui souffle sur le désert.

En vêtements de sport polarisés, le messager est lui-même assis par terre en demi-lotus, les yeux clos, souriant, ses mains dansant devant lui pour ponctuer le discours de la sainte fraternité qui s’exprime à travers son corps de médium.

Le petit garçon de la rue Charton de mon enfance est encore plus mystérieux qu’il ne l’était à cinq ans se dit Lila dans son rêve.

Elle n’entend pas ce qu’il dit, mais les longs silences qu’il laisse planer la nourrissent d’une énergie nouvelle.

Vers cinq heures du matin, heure des Laurentides, elle se réveille et, dans l’espoir de se rendormir, elle lit pendant quelques minutes le troisième volume de la série romanesque mettant en scène le pharaon qui a construit Abou Simbel.

Grâce aux propriétés de la pierre de grès de Nubie et à ses propres dons divinatoires, le pharaon avait concocté un remède qui arracherait la reine aux effets délétères des envoûtements d’un mage noir qui risquaient de la conduire aux portes de l’au-delà.

Ce remède, dit le romancier, contenait: «de la gomme d’acacia, de l’anis, des extraits de fruits  entaillés du sycomore, de la coloquinte, du cuivre et des parcelles de la pierre de la déesse».

Lila referme le livre et glisse de nouveau vers le sommeil: elle se rendort dans la sensation que la glande du thymus, au centre de sa poitrine. palpite comme si elle venait d’être réactivée.

Elle se réveille vers huit heures du matin, complètement reposée, s’installe dehors avec sa tablette électronique pour noter son rêve.

Quand à la seconde porte de lumière violette, Lila ne sait toujours pas ce qui l’attend derrière: peut-être y trouvera-t-elle la clé de voûte de ce roman fractal dont elle a imprimé des centaines de pages parmi lesquelles elle devra choisir avec autant d’intuition que le pharaon sélectionnant  les ingrédients du remède qui a sauvé la reine d’Égypte.

Chantier d’écriture de ©La rose des temps

24/99 Chantier d’écriture

29 Août

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La joie de conduire sa propre vie, oui, c’était bel et bien ce qu’elle éprouvait: de retour à Sainte-Agathe, elle avait voulu prendre une photo du Lac des Sables et avait été surprise par une pluie soudaine.

S’abritant sous un auvent du parc, elle avait fraternisé  avec une famille trempée jusqu’aux os.

Une petite fille tremblante était enveloppée dans un châle noir qui lui donnait un air funèbre, un jeune homme qui n’avait pas l’air d’être le père buvait une bière tout en lançant une balle à son chien mouillé qui la pourchassait jusque dans les massifs de fleurs avec un enthousiasme débordant, le grand-père observait les nuages sombres se déployant au-dessus du lac, la mère fumait une cigarette.

Le jeune homme qui lui avait souhaité la bienvenue quand elle avait couru jusqu’à l’auvent expliquait maintenant que sa chienne adorait jouer: effectivement l’animal venait de déposer aux pieds de Lila la balle de tennis qu’elle rapportait et la regardait avec des yeux suppliants.

Lila avait bien voulu donner un coup de pied à la balle, mais n’avait pas réussi à la botter assez loin au goût du chien et de son maître qui avait repris la balle pour la lancer de toutes ses forces en l’encourageant de la voix.

Lila s’était étonnée que l’animal porte le nom de sa jumelle,mais elle avait mal entendu, il l’avait corrigée en souriant.

Elle portait bien un prénom humain, mais ce n’était pas celui-là.

Tandis que les voyageurs bivouaquaient dans des tentes au coeur de la nuit froide du désert de Gobi, après avoir roulé des heures sur une piste de la steppe rouge et que le Guide des Égarés les entretenait sans doute du thème de la dissolution des frontières entre les mondes, Lila songeait à la dissolution de ses propres frontiéres intérieures.

Sa jumelle ne lui avait pas téléphoné pour leur anniversaire de naissance, pas plus qu’elle ne l’avait fait elle-même.

Ses frères avaient téléphoné à Lila à tour de rôle pour lui transmettre leurs voeux, parlant de leurs propres constellations familiales, évitant de mentionner sa jumelle car ils savaient tous les deux que ça la faisait pleurer.

Trésor d’amour avait débouché une bouteille de champagne pour l’apéro et ils s’étaient amusés à regarder danser les dis-sept Sims de Lila réunis autour d’une piscine virtuelle pour une garden-party de maison de poupées; depuis que, grâce à la chercheuse en génétique textuelle, elle avait découvert ce jeu dont les algorithmes simplissimes la ravissaient, Lila s’amusait à  baptiser ses Sims des noms de ses personnages de roman, leurs chats des noms de ses chats, et leurs chiens du nom des chiens qu’elle avait connus.

Plus tard, au restaurant, tandis que Trésor d’amour lui parlait d’un article qu’il venait de lire,  Lila avait aperçu deux portes violettes ouvrant sur d’autres dimensions,  mais l’image avait été si fugitive qu’elle n’avait pas poussé les portes.

Elle y avait repensé tandis qu’ils renversaient la tête pour contempler les étoiles en rentrant à pied: la nuit était étonnamment douce pour Val David en cette fin du mois d’août.

Chantier d’écriture de ©La rose des temps

23/99 Chantier d’écriture

28 Août

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Pendant ce temps, à l’autre bout du monde, les voyageurs se nourrissent de l’énergie magnétique du lieu.

C’est le bruit du vent qui réveille Lila au coeur de la nuit.

À la lisière de l’état hypnagogique et de l’état de veille, elle sait immédiatement que c’est le vent des steppes mongoles autour de la caravane de jeeps des voyageurs qu’elle entend, ce vent qui siffle à ses oreilles quand elle galope à bride abattue dans ces mêmes steppes d’un autre siècle pour aller porter un message au Maître des Archives.

Il est trois heures du matin et il n’y a pas un souffle de vent sur la nuit de Val David: la respiration paisible de Trésor d’amour à ses côtés et le chant des criquets seuls rythment le passage des secondes de cette première journée de sa nouvelle année de vie.

C’est le jour de son anniversaire et Lila a beau essayer de se rendormir, elle ne résiste pas bien longtemps au plaisir de se lever en catimini pour allumer des bougies sur le manteau de la cheminée afin d’éclairer la belle tête de Bouddha qu’elle transporte au chalet chaque été.

Elle fait aussi brûler un peu de sauge blanche dans une conque pour parfumer sa nuit d’écriture et ouvre sa tablette électronique dont le rétroéclairage bleute son visage qu’elle sait souriant car elle est toute à la joie de ce grand espace de liberté qu’est la nuit.

C’est en retournant mentalement au carrefour giratoire à l’entrée de la route 117 à Sainte-Agathe, que Lila avait basculé tout à fait dans l’état de veille.

C’était bien elle qui était au volant!

Au volant de sa propre vie avait dit l’énergéticien qu’elle avait consulté pour une séance d’hypnose avant de recommencer à conduire.

L’instructeur de l’école de conduite de Sainte-Agathe où elle prenait quelques cours était dans la jeune vingtaine, un de ces enfants indigos qui allaient changer le monde.

Il avait demandé à voir son permis de conduire, bien sûr, puis il lui avait fait entièrement confiance.

Elle avait roulé sur l’autoroute jusqu’à Saint-Sauveur, puis dans la ville en suivant ses instructions, avait pris la 117 pour le retour et avait suggéré de rouler jusqu’à Sainte-Lucie-des-Laurentides par le Chemin des Hauteurs pour revenir par Lantier et par la 329.

La joie de conduire sa propre vie, oui, c’était bel et bien ce qu’elle éprouvait: de retour à Sainte-Agathe, elle avait voulu prendre une photo du Lac des Sables et avait été surprise par une pluie soudaine.

Chantier d’écriture de ©La rose des temps

22/99 Chantier d’écriture

27 Août

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Tissant en torsade les fils d’or rose, de soie brute et de vif-argent de son roman sur le Temps, Lila constate que son travail de passementerie fait le pont entre des mondes bien différents.

Pendant que les voyageurs rassemblent leurs affaires, avalent leur petit-déjeuner en contemplant le soleil se levant sur la steppe, puis montent à bord des jeeps qui les emmèneront sur les lieux mêmes du mythique royaume de Shambhala, Lila se prépare au sommeil et à retrouver, en  rêve, la caravane de l’expédition dans le désert de Gobi.

Elle se réveille à l’heure où les voyageurs reviennent au campement de yourtes, après une longue journée dans le désert et au monastère du lama poète.

Dans sa méditation matinale, Lila voyage sur les grincements de poulie des geais bleus jusque dans l’éther où l’accueille le lama mongol au sourire empreint de compassion.

Elle sent tout à coup la présence de l’amie blonde au bout du monde et, paradoxalement, si proche qu’elle entend presque son rire cristallin.

Plus tard dans l’avant-midi, tandis qu’elle marche avec Trésor d’amour vers le chemin de l’Ermitage tout en poursuivant leurs exercices de visualisation, elle aperçoit ce qui semble être un nouveau sentier qui pénètre dans la forêt.

Ils s’y engagent, humant les parfums de mousse et de terre, grimpent jusqu’en haut pour admirer  la vue sur la forêt et les collines environnantes.

Au retour, Lila apprend que le royaume mythique de Shambhala est représenté comme circulaire sur les thangkas et entouré de montagnes.

On y trouve une capitale qui abrite un mandala du Kalachakra tridimensionnel en pierres précieuses ainsi que deux lacs dont celui du Lotus Blanc.

Dans l’essai du lama de la lignée des bonnets rouges qu’elle a lu il y a une éternité, Lila retrouve cette phrase: «Le secret de l’art du guerrier—et le principe même de la vision Shambhala—est de ne pas avoir peur de qui on est.»

Elle aurait bien envie d’en relire de longs passages, mais elle doit bientöt appeler un taxi pour se rendre à Sainte-Agathe-des-Monts pour son cours de conduite de rattrapage.

Elle a déjà repris suffisamment confiance pour conduire à Montréal, mais dans les Laurentides, c’est autre chose et elle préfère réviser avec un instructeur professionnel avant de se lancer sur l’autouroute des vacances.

Pendant ce temps, à l’autre bout du monde, les voyageurs se nourrissent de l’énergie magnétique du lieu.

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21/99 Chantier d’écriture

26 Août

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Om Mane Padme Hum. Les voyageurs, après un long trajet à bord du Transmongolien, s’installent pour la nuit dans un campement de yourtes aux portes du désert. Le ciel très noir est constellé d’étoiles. Tour à tour, ils s’envolent vers leur parcours nocturne dans les constellations lointaines, bercés par le souvenir du roulement du train. Lila, elle,  commence sa journée en lisant l’histoire de ce lama poète de la région de Sainshand dont les manuscrits ont été cachés par un des ses disciples dans les montagnes à l’époque du régime communiste. Héritage transmis au fil des générations, une partie des cartons a été retrouvée dans les années 90 tandis qu’une autre partie a été exhumée en direct dans un événement diffusé sur Internet à la fin des années 2000. Une archive numérique de quelque 44, 000 documents a aussi été créée grâce aux subsides du Bristish Museum, mais le projet n’a pu être complété car certains  cartons ont été égarés. En torsade avec cette histoire de manuscrits perdus, Lila ajoute ce que sa marraine lui a raconté la veille: non seulement elle connaissait l’histoire du coffret transmis par grand-maman à maman puis à Lila, elle se rappelait aussi que ce coffret avait toujours été sur le bureau dans la chambre de grand-maman et que celle-ci racontait que c’était un coffret trouvé à la suite du naufrage du Titanic au large de Terre-Neuve. Aurait-il appartenu à une des survivantes, aurait-il été transporté par les courants marins jusqu’au port de Montréal où l’arrière-arrière-arrière grand-mère de Lila l’aurait retrouvé? Sa douce marraine n’en savait rien et se demandait, elle aussi, pourquoi grand-maman ne l’avait pas pas mentionné dans sa lettre de transmission. Elles avaient passé le reste de l’après-midi devant le feu de cheminée à regarder de vieux albums de photos en noir et blanc. Sa marraine, qui avait été religieuse pendant une vingtaine d’années avant d’épouser un ancien frère enseignant, ne reconnaissait pas toujours les cousins et cousines de l’âge de Lila car elle ne les avait pas vu grandir. Par contre, elle pouvait identifier plusieurs grand-oncles et grand-tantes que Lila avait complètement oubliés ou qu’elle n’avait jamais rencontrés. Sa marraine ressemblait maintenant tellement à maman que Lila avait eu le coeur gros de la voir repartir. Cette nuit-là, elle avait rêvé de son grand-père mort à 35 ans. Elle avait toujours cru que c’était d’une pneumonie. Elle venait d’apprendre qu’il avait la tuberculose. Il avait laissé grand-maman avec neuf enfants et un dixième en route en lui faisant promettre, sur son lit de mort, de faire éduquer tous ceux et celles qui en auraient la capacité. Tissant en torsade les fils d’or rose, de soie brute et de vif-argent de son roman sur le Temps, Lila constate que son travail de passementerie fait le pont entre des mondes bien différents.

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20/99 Chantier d’écriture

25 Août

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Statue du Boudha Migjid Janraisig (Avalokiteshvara), au Monastère Gandan d’Oulan-Bator, Mongolie. Photo: Vidor, Wikimedia Commons.

Oulan-Bator, Mongolie extérieure: le monastère bouddhiste de Gandantegchinlin dont le nom signifie « la Grande place de la Joie complète », abrite une immense statue de la déité tibétaine de la Compassion. D’après Wikipédia, «ornée d’or et de près de 2 286 pierres précieuses, la statue pèse près de 20 tonnes et est recouverte de près de 100 kg de vêtements de soie». Réveillée à l’aube, Lila écrit dans l’écrin de brouillard qui enserre le chalet au milieu des arbres et lève de temps en temps les yeux dans l’espoir d’apercevoir un chevreuil venu boire au ruisseau en contrebas. D’après l’itinéraire, les voyageurs se trouvent en ce moment à une soirée de chants, de danses et de musiques traditionnelles mongoles. Leurs rêves de la nuit seront traversés d’images du temple visité dans la journée et des 500 kilomètres de piste qu’ils parcoureront dès le lendemain matin pour les emmener aux portes du désert de Gobi. Tandis que le soleil commence à percer le brouillard qui enveloppe les Laurentides, Lila émerge peu à peu de ses propres brumes dans lesquelles de très anciens rêves se sont magiquement assemblés: tous, se passaient quelque part en Mongolie. Un homme portant un couvre-chef en laine de mouton prononçait le mot «talmac» dans une langue qu’elle ne comprenait pas, un être étrange portant un masque de cuir négociait une caravane alors qu’elle savait fort bien qu’il s’agissait d’une «caravane de cadavres». Elle galopait à bride abattue dans la steppe à la rencontre du Maître des Archives. Aux actualités télévisées, la veille, on montrait d’horribles images des victimes asphyxiées par des gaz neurotoxiques en Syrie: des bébés, des femmes, des hommes, des vieillards, par centaines. L’image de ce père éploré serrant contre son coeur les corps sans vie de ses deux bambins au visage bleui la hantait encore. Om Mane Padme Hum. 

Chantier d’écriture de ©La rose des temps