96/99 La présence

22 Juil

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Le Guide des Égarés les conduit dans une longue méditation: ils sont assis en tailleur au sommet du mont Violet, dans ce lieu qu’il a appelé la double spirale énergétique, formée de cent huit pierres rapportées du Tibet.

Déposés au bout d’un chemin de pétales de roses, au coeur de la spirale connectée au centre de la Terre et de la voûte céleste, le feu, la terre, l’air et l’eau sont rassemblés dans des vases et dans des fioles.

Le soleil baigne la montagne, les oiseaux chantent haut dans les arbres tandis que le Guide des Égarés fait délicatement retentir un grand bol de cristal dont les notes accompagnent leur taux vibratoire qui s’élève à mesure que leur respiration s’approfondit.

Au moment où il les amène à se retrouver au coeur d’eux-mêmes pour rencontrer  leur maître intérieur, Lila voit les voiles de couleur qu’elle était en train de traverser s’ouvrir sur une présence bien réelle dans laquelle elle se reconnaît.

C’est une présence presque invisible, mais pas tout à fait: elle devine une forme allongée et fine, torsadée, presque liquide, translucide.

Elle sait bien que ce ne sont là que particules photolumineuses, mais Lila voit les arabesques dessinées par son imagination la transformer en une sylphe, une ondine, une dryade à l’épaisse tignasse végétale.

Quand il s’agit d’offrir quelque chose à cette deva gourou du maître en soi, un livre magique vu en rêve il y a très longtemps lui revient aussitôt: ancien, volumineux, sa couverture de cuir indigo est munie d’un fermoir d’argent.

 Au centre, un carré couleur vermeil ne porte ni titre ni nom d’auteur; Lila sait pourtant, que l’or rose qui scintille tout autour du grimoire ancien émane de ce roman qu’elle est en train d’écrire.

Et c’est là, au sommet du mont Violet alors qu’elle tend un livre onirique à la cellule maîtresse de son ADN ou quelque chose comme ça, que Lila comprend que c’est cette présence qui la guidera sur les sentiers de la réalité terrestre à laquelle elle a tenté d’échapper toute sa vie, préférant souvent l’illusion à la réalité, subjuguée par ses peurs et par ses blessures. 

 ©99fractales pour La rose des temps (roman)

 

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