86/99 La dryade

12 Juil

Elle avait surgi à la frontière entre deux états de conscience.

Son teint éteint foncé, indigo presque, et sa chevelure un peu rasta était tressée de feuilles et de violettes.

Elle avait un sourire incroyable, un sourire qui illuminait ses yeux noirs profonds comme un ciel étoilé.

Lila avait beau savoir que la dryade entrevue n’était en fait qu’un amas de particules quantiques, elle était impressionnée.

L’apparition s’était ensuite diluée dans une longue liste de préoccupations et de choses à faire.

Mais voilà que ce matin-là, en passant souplement de l’un à l’autre des cinq exercices tibétains sur son tapis de yoga étalé en plein soleil sur la mousse émeraude, elle avait cru apercevoir la dryade du coin de l’oeil.

L’or rose de cette vision s’était dissipé au cours de la journée passée à faire la lessive, à étendre le linge sur le séchoir, à aller chercher à pied du pain de maïs à la boulangerie sur le Chemin de la Rivière et des framboises au stand de fruits et légumes sur la route puis à profiter de la piscine dans les derniers rayons du soleil couchant.

C’est en allant contempler les étoiles sur le petit chemin de terre tout près du chalet, que Lila avait repensé à la dryade.

Et dans l’ombre des arbres au bout du chemin, elle l’avait vue, noire, invisible et étincelante de présence.

©99fractales pour La rose des temps (roman)

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