82/99 Le fils

8 Juil

Dimanche après-midi, après la baignade, après le dîner en plein air, à l’heure de la tisane, le téléphone sonne.

«C’est moi» dit la voix de l’homme à l’autre bout du fil.

C’est une voix qu’elle ne connaît pas, pose la question: «qui êtes-vous?»

Quand il se nomme, par son prénom, là, oui, elle le reconnaît.

Ça fait quoi, huit ans, sept ans, qu’elle n’a pas entendu sa voix?

Rrose s’éloigne du chalet avec le téléphone sans fil, se réfugie dans la mousse émeraude, près du petit bois, consciente du fait qu’il a composé son numéro de Montréal et que c’est le renvoi d’appel qui a fonctionné.

Ils parlent longtemps, un peu plus d’une heure: Rrose raconte la mort de son père, il raconte qu’il a luimême fait une crise cardiaque, deux ans plus tôt. 

Il a bu, ça s’entend et il fume encore, ça s’entend aussi.

Dans l’or rose de sa vision, elle comprend que son karma avec ce fils du XVIIIe siècle qui lui avait été arraché, s’apaise enfin. 

©99fractales pour La rose des temps (roman)

 

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