72/99 Sur un cargo yougoslave

28 Juin

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Réveillée depuis 4 heures du matin, Lila (oui, l’héroïne de ce roman vient de reprendre son prénom original!), relit ses fractales en ligne, de la plus récente à la plus ancienne, mais s’arrête à une fractale du début mai car le sommeil commence à la gagner.

Une pluie froide s’est mise à tomber, la chambre est remplie d’air frais, sa tablette électronique n’a plus que 7% de capacité de batterie, elle vient de se rappeler qu’elle a rendez-vous chez le coiffeur ce matin, trouve sa tablette trop lourde et se dit qu’elle se procurera la version mini avant de partir pour la campagne, mais changera rapidement d’idée car elle n’a plus vraiment le temps d’aller au centre-ville.

Elle note l’idée de fractale surgie d’elle ne sait où, va rebrancher sa tablette dans son bureau et se prépare à se rendormir.

 Avant de se rendre chez le coiffeur quelques heures plus tard, elle note de mémoire la citation de Trainsong qui l’a inspirée: «I need to be ignored because it reminds me of my father »: ça répond à la question qu’elle s’était posée en lisant Baby Driver.

Pourquoi cette écrivaine particulièrement douée était-elle passée aussi inaperçue sinon par compulsion de répétition de son drame d’enfant abandonnée par son ivrogne de père entièrement consacré à devenir « le plus  célèbre écrivain du monde» comme il l’avait déclaré à ses amis de Lowell à la fin de son adolescence?

La phrase sur le besoin d’être ignorée survient tandis que la fille du célèbre écrivain américain traverse l’Atlantique sur un cargo yougoslave et apprend, au cours de la traversée que son père a aussi voyagé autrefois sur un cargo yougoslave, ce qu’il raconte dans un livre que lui offre un passager qui s’étonne qu’elle ne l’ait jamais lu.

Lila a par la suite oublié ce que cette phrase remuait au fond de son inconscient, mais ça lui revient confusément: c’est relié à son conflit récurrent avec sa jumelle. 

L’impasse dans laquelle elle s’était trouvée dans une vie précédente, dans le Québec en plein désarroi d’après la Conquête,  elle la revit toujours quand elle est en contact avec sa jumelle et, dans l’or rose de sa bibliothèque akashique personnelle, elle se répète qu’elle devrait éprouver de la gratitude envers celle  qui lui permet de faire la paix avec cette partie d’elle-même profondément blessée au XVIIIe siècle. 

©99fractales pour La rose des temps (roman)

 

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