70/99 Fées et lutins

26 Juin

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En bavardant avec deux voyageuses européennes qui évoquent les fées et les lutins qui hantent sans doute cette belle forêt boréale, Lalila retrouve soudain la mémoire de la première fois où elle a aperçu son guide intérieur, le prenant alors pour un diablotin hantant les bois alors qu’elle devait camper une nuit toute seule dans la forêt au cours d’une Quête de Vision d’une semaine avec un chamane américain dans une forêt de l’état de New York, il y a très longtemps de ça.

Au cours de la dernière séance de canalisation au Cap-de-Bon-Désir, une baleine émerge à plusieurs reprises des eaux bleues du Saint-Laurent; ils l’observent  des rochers sur lesquels ils ont pris place autour du Guide des Égarés qui les incite à bien ouvrir les yeux.

La rose des temps apparaît alors dans le ciel mental de Lalila, étoile à douze pointes sertie dans une lumière d’or rose qui l’émeut profondément.  

Après les salutations à l’amie blonde et à d’autres connaissances, Lalila retrouve le couple avec qui elle a covoituré et ils se dirigent vers les Escoumins pour un dîner de poisson avant de reprendre la route en direction de Tadoussac. 

Ils s’arrêtent dans un petit village de la Côte Nord pour rendre visite à des gens qu’ils connaissent et,  pendant que l’homme va rejoindre le mari en bleu de travail qui bricole quelque engin dans la grange, Lalila et sa nouvelle amie vont jaser avec sa femme dans un salon rempli de bibelots et de photos de famille.

La femme a de magnifiques yeux clairs pétillants d’intelligence, une verve extraordinaire et un accent qui sent la mer. 

Elle parle de sa fille qui travaille en design pour le cinéma à Los Angeles, de sa petite-fille de trois ans qui, à la question: «Comment ça va?», répond à sa grand-mère: «On vit la séparation».

La femme raconte qu’elle est la septième de quinze enfants, qu’elle a grandi dans une ferme près du fleuve—elle dit le fleuve et non la mer—qu’il n’y a pas de médecin à Tadoussac, qu’il faut se rendre à Chicoutimi ou à Baie Comeau, qu’il n’y a en tout que 1000 habitants dans toute la Côte Nord, que le gouvernement a fait construire deux traversiers beaucoup trop gros, mais que ce serait beaucoup mieux si on bâtissait un pont suspendu, là où le Saguenay est le plus étroit, pour laisser passer les paquebots de touristes.

En partant, Lalila admire un ancien fer à repasser en fonte posé sur le poêle à bois; la femme lui montre le mécanisme pour l’ouvrir afin de le remplir de charbon, explique qu’elle a pris ça en Afrique où ils ont vécu longtemps et conclut en disant, pince-sans-rire:«C’est pratique vacarne! —son patois est bien vacarne!—tu t’en vas dans le bois pis tu repasses!»

©99fractales pour La rose des temps (roman)

 

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