62/99 You can use my name

18 Juin

L’or rose de l’amour des livres s’est emparé du coeur de Lalila depuis Les mémoires d’un âne que lui avait offert son parrain quand elle avait huit ans.

 Elle se rappelle les étoiles les plus brillantes de la constellation de ses lectures enfantines: Les lutins de la moraine, Les petites filles de l’arc-en-ciel et d’une histoire se passant au pays basque et mettant en scène son héroïne favorite, secrétaire d’un académicien en habit vert qui  faisait des recherches sur le serpent à plumes et l’Atlantide.

Au cours de ses lectures, d’autres constellations se sont formées, d’autres étoiles plus brillantes que les autres ont peu à peu constitué son ciel mental: Le petit Chose, La mare au diable, Le tombeau des rois,  Une saison en enfer, L’idiot, Le temps retrouvé Sur la route, Les belles-soeurs, Trou de mémoire, L’hiver de force, Demain les dieux naîtront, French kiss, Une chambre à soi, Pratique de la voie tibétaine, Cent ans de solitude, L’empire des signes, La vie mode d’emploi, Voyage d’une Parisienne à Lhassa, L’homme rapaillé, L’amant, Le pays sans chapeau, L’intelligence collective, pour une anthropologie du cyberspace, Putain, Les années, D’autres vies que la mienne, La fiancée américaine et Les Voyageurs du temps. 

Quand elle s’était mise à lire en anglais, vers l’âge de vingt-cinq ans avec Fear of Flying, d’autres constellations se sont formées dans lesquelles scintillent désormais The Bell Jar, The Golden Notebook, Tropic of Cancer et The Tempest, Songs of Innocence et Wuthering Heights, The Golden Dog, The Stone Angel, The Ramayana, The God of Small Things, The English Patient, Shantaram et The Hungry Tide. 

Dans sa tentative de dessiner sa carte du ciel, Lalila constate que c’est exactement comme lorsqu’on contemple la nuit étoilée: de plus en plus nombreux dans les profondeurs cosmiques, ses livres préférés se perdent dans une Voix Lactée de lectures enchantées.

Alors qu’il lui reste encore quelques pages à lire et qu’elle s’aperçoit qu’elle le lit de plus en plus lentement, pour faire durer le plaisir, Baby Driver, a novel about myself,  qu’elle découvre pourtant plus de 30 ans après sa parution,  brille de tous ses feux dans une  toute nouvelle constellation surgie avec le Nouveau Monde.

Sans doute de la première vague de ces enfants indigos qui n’ont pas froid aux yeux, l’auteure américaine qui revendique fièrement ses racines French Canadian, raconte dans une scène particulièrement poignante ce qui sera sans doute la dernière rencontre avec son  père, dont le roman On the Road aura bouleversé l’Amérique,  devenant ainsi bien malgré lui le chef de file de la beat generation.

Alors âgée de 15 ans, enceinte d’un dealer de hasch de New York,  la narratrice, avec l’accord de sa mère, s’apprête à se réfugier au Mexique en compagnie d’un jeune homme d’une vingtaine d’années qui n’est même pas le père de son enfant.

Alors qu’elle rend visite au romancier déchu  qui vit alors avec sa femme et sa mère à Lowell au Massachusetts et qu’elle lui apprend son départ pour le Mexique, son célèbre père déclare, de façon inattendue écrit-elle: «Yeah, you go to Mexico an’write a book. You can use my name».

©99fractales pour La rose des temps (roman)

 

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