60/99 Conduire sa vie

16 Juin

Les règles de la route
C’est un hasard si Lalila obtient un rendez-vous pour une première leçon de conduite le jour de la Fête des Pères, mais ça tombe bien.

Elle détient un permis de conduire depuis l’âge de vingt et un ans, mais n’a conduit régulièrement que la première année de son permis.

Au bout de quelques mois de conduite sur l’autoroute des Laurentides en pleine tempête de neige ou sur une chaussée verglacée pour se rendre au cégep où elle enseignait, elle a donné sa démission, vendu l’auto que papa lui avait trouvée de seconde main, cherché un poste en ville et pris les transports en commun en poussant un grand soupir de soulagement.

Depuis elle n’avait pratiquement jamais repris le volant et n’en avait de nouveau éprouvé le désir que lorsque elle avait eu l’intention de suivre une série d’ateliers énergétiques qui ne se donnaient que sur une montagne isolée des Hautes-Laurentides.

Elle avait différé jusqu’à ce dimanche de pluie où elle avait repris le volant dans une voiture d’auto-école, après avoir lu en entier le manuel des Règles de la route et avoir visionné quelques vidéos YouTube sur la base de la conduite automatique.

La monitrice de la leçon de conduite de perfectionnement avait exigé de voir son permis, permis qu’elle avait constamment renouvelé au cours de toutes ces années, de sorte que son dossier de conductrice était absolument impeccable et que, sur papier, elle avait beaucoup d’expérience.

En fait, ça l’avait surpris; elle avait retrouvé ses réflexes assez rapidement, s’arrêtant un peu trop longtemps aux stops, oubliant d’accélérer en changeant de voie et vérifiant ses angles morts un peu trop souvent, mais elle n’avait pas été du tout nerveuse malgré la pluie battante et la chaussée glissante.

Les séances d’hypnose avaient porté fruit: elle serait désormais en mesure de conduire sa vie.

Dans l’or rose de sa confiance retrouvée, Lalila avait senti les ailes protectrices de papa autour de ses épaules tandis qu’il s’envolait pourtant encore plus haut dans les étoiles, la sachant libérée du traumatisme qu’il avait causé en menaçant souvent de lancer sa voiture en bas du pont ou d’un précipice.

©99fractales pour La rose des temps (roman)

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