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12 Juin

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Lalila ouvre les rideaux de sa chambre sur l’or rose d’une belle journée de printemps, à quelques jours du solstice.

Elle a rêvé d’une de ses nièces, celle qui n’a pas encore d’enfant; la petite dormait dans ses bras et Lalila s’était demandé comment sa nièce pouvait avoir trois ans et être enceinte comme elle venait de l’apprendre; en fait, elle devait bien avoir vingt-six ou vingt-sept ans, elle était pilote d’avion et n’était plus une bambine depuis longtemps, même si Lalila, dans la réalité parallèle du rêve, sentait les petits bras de sa nièce enfant autour de son cou.

Ça expliquait son sourire radieux et le pétillement dans le regard de son chum aux funérailles de papa.

Ça lui avait fait chaud au coeur de les voir si heureux et, si elle s’était bien doutée qu’ils devaient avoir reçu la bonne nouvelle d’une grossesse, elle n’avait pas osé le leur demander.

Elle se rendait compte, maintenant que c’était confirmé, que les jeunes gens lui avaient pourtant transmis l’information de façon subtile: ils se tenaient droits, leurs regards étaient clairs et plein de joie.

Le petit enfant de cristal qui allait naître avait déjà commencé son travail; Lalila se rappelait le regard d’extase de son autre nièce, trois heures après son accouchement et, depuis deux ans, elle avait vu le bébé revitaliser la constellation familiale, tout comme le petit-neveu auquel leur cousine allait donner  naissance, un an plus tard.

Dans le rêve, la bambine, dont elle avait toujours su qu’elle était la réincarnation de grand-maman, la mère de maman, se transformait en un lézard bleu, émissaire magique de l’intraterre, semblable à celui que Lalila avait photographié en redescendant du mont Sinaï.

Le lézard du rêve avait des couleurs plus vives et elle s’étonnait que maman ne sursaute pas de le voir s’installer son oreiller, elle qui n’aimait pas trop les reptiles; mais comme c’était à la fois sa petite-fille et sa mère, maman avait toléré le lézard.

Elle-même n’était-elle pas revenue dans la petite-nièce de Lalila, cette fée rieuse  qui avait enchanté leur chagrin le jour de la mort de papa alors qu’ils s’étaient tous réunis pour célébrer les deux ans de la petite comme c’était déjà prévu?

©99fractales pour La rose des temps (roman)

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