49/99 Le printemps turc

5 Juin

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#occupygezi (photo: snuproject.wordpress.com )

Un jeune Tunisien s’immolant par le feu avait incendié les esprits d’un peuple qui allait lancer le printemps arabe jusqu’en Égypte, chasser un premier dictateur,trouver des échos chez les Indignados d’Espagne, le mouvement Occupy à Wall Street et ailleurs dans le monde, jusque dans le printemps «érable» québécois.

Cette même énergie de feu qui soulève les peuples en quête d’un monde nouveau souffle maintenant sur la Turquie; parce que le gouvernement a commencé à déraciner les arbres d’un petit square d’Istamboul pour y installer un centre d’achats, toute la Turquie proteste maintenant devant le fait que ses droits et libertés se voient réduits comme peau de chagrin par un gouvernement de plus en plus autoritaire.

Lalila ne suivait pas ce qui se passait en Turquie depuis une semaine, trop prise par la mise en vente de la maison de papa et les questions de succession, mais un ami avait tweeté un lien qui expliquait bien la situation et elle s’était mise à suivre le mot-clic #occupygezi, à lire des blogues, des articles, et à regarder des vidéos bouleversants et des séries de photos décrivant à la fois la joyeuse créativité des Turcs et la violente répression dont ils faisaient l’objet.

Elle avait pleuré en voyant sur YouTube  cette scène  montrant une jeune femme, une boîte de baklavas à la main, offrant les pâtisseries aux manifestants comme aux policiers anti-émeutes, imperturbables machines derrière leurs boucliers de plexiglass, leurs casques et leurs masques.

Le nouveau monde est sans peur devant l’ancien monde tremblant de rage et de colère, malgré les gaz lacrymogènes, malgré les coups de matraque, les canons à eau, malgré le sang, l’humiliation, l’incompréhension.

Le nouveau monde est sans peur comme ce manifestant turc assis au milieu de la chaussée devant un camion militaire comme ce jeune Chinois de Tian’anmen il y a vingt-quatre ans  aujourd’hui.

Les Stambouliotes  plantent des arbres et montent des tentes Taksim Square, ils y ont font du yoga, jouent des congas et des casseroles pour dénoncer l’odieuse brutalité des policiers qui incendient leurs tentes et giflent les jeunes filles qui protestent, bousculent un vieil homme, arrêtent près de mille personnes.

La population est maintenant en marche dans tout le pays: dans les rues d’Istamboul comme à Ankara, à Izmir, à Eskisehir, à Antalya, à Trabzon et à Balikesir pendant que de jeunes Turcs piratent le système informatique du gouvernement et de la police.

Dans l’or rose de ce printemps turc plein de promesses, Lalila entrevoit l’émergence d’un nouveau monde de paix, d’humanité, de liberté et d’intelligence.

©99fractales pour La rose des temps (roman)

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