24/99 Un matin de brume

11 Mai

Image

Toupet joue à Tarzan, photo de Valérie Landry (Marie-Cristal)

La pluie, la pluie, la pluie toute la nuit berce le sommeil de Lalila.

Elle en émerge par moments, dans des angles «aciéricoles» murmure la pulsion invoquante; elle mémorise l’étrange mot mais replonge aussitôt, au rythme d’une pluie lourde et apaisante, avec l’impression de rattraper des mois et des mois de sommeil.

La belle au bois dormant dort cent ans et c’est ce que fait l’enfant bien à l’abri dans sa petite maison dans les arbres, entourée de libellules d’or rose dont le son cristallin enchante les rêves.

Des angles «aciéricoles» se dit-elle: entre l’acier sans âme des résistances de l’ancien  monde de fer et de carbone et  l’immense espoir du printemps érable de 2012, cet embrasement d’un Nouveau Monde aux couleurs de la vie, de l’imagination au pouvoir, des jeunes femmes rouges toujours plus belles par milliers dans les rues au son des casseroles.

Le beau temps sonne comme une casserole sur la pluie du temps scandait la poète du Lac dans les années 70,  à l’époque où elle ne se sentait pas si seule dans son génie  sonore.

Le Guide des Égarés raconte dans ses entretiens publics que les tempêtes électromagnétiques en cours exercent des pressions importantes non seulement sur notre hypophyse et sur nos autres glandes, mais aussi sur nos esprits et particulièrement chez ceux que la médecine considère comme ayant des problèmes de santé mentale.

La jeune  autiste qui fréquente ses enseignements, si attachante avec ses animaux en peluche qu’elle balade dans les voyages initiatiques et qu’elle met en scène dans des photos et des vidéos qu’elle partage généreusement avec tout le monde semble pourtant particulièrement heureuse depuis qu’elle a nagé avec les dauphins de la Riviera Maya en ces temps de turbulences.

La dernière fois que Lalila l’a rencontrée, à la soirée de formation continue de la  pleine lune du Wesak, l’autiste lui a déclaré: «Je t’aime assez Rose!»

Elle avait souri, se rappelant que c’était cette même jeune femme qui lui avait parlé d’une de ses guides cosmiques qui s’appelait Lalila: c’était dans la voiture de l’amie brune, en se rendant aux dunes de Tadoussac, un matin de brume et elle lui avait demandé sur le champ la permission d’utiliser ce prénom dans son roman, permission que l’autiste lui avait accordée de bonne grâce.

©99fractales pour La rose des temps (roman)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :