21/99 Balayage

8 Mai

Photo des notes

Lalila cherche en vain dans ses notes électroniques la fractale qu’elle avait commencé à écrire dans la nuit, se rappelant vaguement qu’elle y parlait du processus même d’écriture, d’enchâssement et de la structure du roman.

Ça commençait par quelque chose comme: «J’ai choisi l’or rose de la fiction».

Réveillée par le chat vers 3h30 du matin, elle avait surfé au lit sur son téléphone intelligent pendant une heure, parcourant une de ses listes Twitter particulièrement intéressante où elle avait regroupé des artisans du Nouveau Monde dans différents domaines de recherche: des poètes,  des photographes,  des cinéastes, un ingénieur de Calcutta, un spécialiste du cyberespace qui débusquait des liens fascinants et une bibliothécaire particulièrement allumée qu’elle avait rencontrée à #OccupyMontréal.

Inspirée, elle avait commencé une nouvelle fractale mais, au bout de quelques phrases, un drôle de phénomène s’était produit:  il y avait eu comme un balayage horizontal de son lit, comme si un ange était venu scanner la scène et elle avait aussitôt compris qu’il valait mieux dormir.

À peine avait-t-elle eu le temps de déposer le petit appareil sur sa table de chevet qu’elle sombrait dans un profond sommeil dont elle allait émerger seulement plusieurs heures plus tard.

Normalement, les notes électroniques s’enregistraient automatiquement et se téléchargeaient sur sa tablette et sur ses ordinateurs, mais celle-là semblait avoir été engloutie dans un trou noir.

Elle aurait pourtant aimé savoir à quel mot le scan avait eu lieu, retrouvé dans le trajet de ses synapses ce qui avait déclenché l’endormissement.

Il est vrai que ce jour-là la psychologue avait pratiqué un balayage visuel EMDR qui lui avait permis de contacter une couche profonde d’une programmation de sa petite enfance qui avait été désensibilisée.

Ils avaient aidé ses frères à finir de vider et à nettoyer de fond en comble la maison de papa et Lalila avait rapporté des plats d’un bon traiteur, dressé une table pour le  buffet dans la cour, Trésor d’amour avait versé du vin rosé bien frais dans des coupes qui avaient appartenu à maman et ils avaient soupé dans la balançoire au soleil couchant, heureux de franchir ensemble une nouvelle étape de leur deuil car ils allaient bientôt mettre la maison en vente.

©99fractales pour La rose des temps (roman)

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