04/99 La presqu’île

21 Avr

Rivière

Le choix de la lumière est facile à faire quand le ciel est parfaitement bleu et qu’une brume d’or rose flotte dans les ramures des arbres encore nus.

Vue du pont, la rivière prend des teintes verdâtres et tourbillonne avant de reprendre son cours tranquille.

J’écoute  le bruit de l’eau, mais je le perds à chaque voiture qui traverse le pont dans un chaos de métal.

Le soleil caresse la peau, même si le fond de l’air est encore froid pour la saison.

Quand j’avais 13 ans, 14 ans, je traversais souvent ce pont pour aller marcher sur la presqu’île de l’autre rive où il n’y avait alors que l’édifice de pierre de la Mission des Pères Blancs et un couvent de religieuses missionnaires.

Tout le reste était couvert de broussailles et d’étroits sentiers longeaient la rivière.

On y allait à deux ou trois, dans nos uniformes de collégiennes, à l’heure du midi.

On mangeait notre sandwich assises sur les grosses pierres de la berge en rêvant à haute voix à tout ce qu’on ferait quand on serait grandes.

J’avais même, à l’époque, commencé l’écriture du scénario d’un film amateur que je comptais tourner sur cette presqu’île; c’est étrange, parce que j’ai aperçu aujourd’hui le petit garçon pâle qui était le héros de cette histoire que je n’ai pourtant jamais terminée, et il avait toujours sept ans, comme je l’avais imaginé.

©99fractales pour La rose des temps (roman)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :